Archive for février, 2009

La privation est une ordure

 Avec les années, plusieurs observations s’imposent : les gens adorent se priver. Cette privation est fortement liée à un autre concept plus restreint qui est celui de  »chialer » . Cette inévitable relation de causes à effets est considérée à l’aide de la formule suivante:

Privation = mécontentement [privation+frustration2 ] = le facteur multiple d’une véritable épidémie de chialeux.

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Or, une autre science s’impose et que je nommerai  » La privation est une ordure » ou plus communément appelée  »la bacchanale moderne pour les nuls ». Puisque le calcul est mon talon d’Achille, je résumerai plutôt l’aphorisme de ces éléments exponentiels à l’aide d’une petite mise en scène ou d’une illustration pour expliquer une hypothèse longuement éprouvée et dont l’effet immédiat se fait ressentir. Ici, la science est déculplée et ses effets, qui se veulent mobilisateurs et extrêment libérateurs, touchent plusieurs domaines de pensée : entre autre;  la psychologie, la sociologie et parfois même, le champ plus éloigné de la nutrition!

Mise en scène : Un groupe hétéroclyte. J’entends ici un ensemble qui semble en surface hétérogène mais il ne faut pas se fier aux apparences. Lorsque l’on plonge en profondeur, l’on constate assez rapidement que les personnes — dits  »sujets » puisque c’est plus scientifique —  qui composent une masse cherchent inconsciemment à se fondre dans la communauté.

Le premier acte de la mise en scène : L’un des sujets sort :  horreur! Un délectable assortiment de chocolats! Que va-t-il donc se produire?

Premier effet constaté : Un deuxième sujet — celui qui est le plus prédisposé à cette faiblesse de l’estomac toujours parlant que l’on nomme  »gloutonnerie » — sera tout de suite attiré par l’objet de la tentation. Le premier effet touche donc les sens qui en seront décuplés : le regard ne peut s’empêcher de fixer obstinément ce qui semble être des chocolats Lindt ou encore mieux Lindt Mousse chocolatée. Les narines du sujet seront titillées par cette délicieuse arôme de noisette et de cacao noir. Ses oreilles frémiront au moindre bruissement du dit emballage qui contient ces magnifiques confiseries et il voudra, lui aussi, sentir entre ses doigts ce fondant qui colle à la paume. Par dessus tout, le sujet se projettera en train de savourer le goût exquis du Lindt Mousse chocolatée. 

Deuxième effet constaté : Un tierce sujet, qui aura également remarqué cet assortiment de chocolats, mais qui possède un esprit plus enclin à la privation, fera mine de ne pas apercevoir la dite boîte de chocolat.

Troième effet constaté : Un quatrième sujet, plus amer, puisqu’il est sujet aux  »rages de sucre », n’accepte pas que le fait que : si lui n’en mange pas, pourquoi quelqu’un d’autre se le permettrait. Résultat : Sa privation aura des répercussions sur l’ensemble du groupe lorsqu’il s’écrira :  » beurk! Des Lindts! C’est pas mangeable cela » (effet de déni absolu). Mais encore : » Comment tu fais pour manger cela? » (ici le sujet opère un transfert : sa frustration transforme le plaisir du sujet 1 en culpabiblité). Finalement, le coup de grâce :  » Plus personne ne mange cela de nos jours » (Il déploie sa frustration dans l’ensemble du groupe. Le sujet 1 est alors décidément exclu de ce phénomène social).

Quatrième effet : Le sujet 2 refoulera sa  »gloutonnerie » pour faire partie de la bande mais il sera déçu — il espérait secrètement qu’on lui offre un ou encore mieux, plusieurs chocolats –, le sujet 3 approuvera le sujet 4. Après tout, il ne faut pas succomber à tous nos désirs! Le sujet 4, tout comme le sujet 2, sera tout de même déçu, car il n’a jamais goûté au Lindt Mousse Chocolatée.

Qu’arrivera-t-il alors au sujet 1 ? Il n’en est pas à sa première expérience. Il sait pertinemment que le sujet 2, 3 et 4 sont tous un peu jaloux!

Alors, lentement, et même langoureusement, il portera ce sublime chocolat à sa bouche… Aux ordures la privation!

 

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Du détergent à moindre coût

Hivette lave son linge sale. Plus précisément, elle trie les chiffons des serviettes, le chic du quotidien, les bas et les derekhenderson022sous-vêtements en plusieurs tas informes. Cela fera bientôt quarante ans qu’Hivette s’acharne à la tâche quotidienne du  »lavage ». Parce que la mémoire d’Hivette lui fait de plus en plus défaut, il lui arrive à l’occasion d’oublier de vider les poches du pantalon de son contenu, de mélanger les couleurs avec le blanc, de confondre le javélisant avec le détergent et surtout de négliger la précieuse perle d’assouplissant lorsque le cycle entame sa session de rinçage. Jean le remarque.  Sa chemise est moins souple, elle tombe sur son grand corps sec et elle gémit à chacun de ses mouvements. Hivette le constate aussi. Lorsque Jean saisit le sel, qu’il soupoudre ses pommes de terre en purée et qu’il mange cérémonieusement son foie de veau sans un mot, Hivette entend le bruissement de cette chemise qui répond au tic tac de la pendule. 19:oo. Hivette débarasse la table et se prépare à sa corvée quotidienne de lavage. Elle se penche, elle enlève quelques mousses éparses sur les pantalons de Jean, un cheveux accroché au pan de sa veste et elle trie. À chaque fois, de multiples odeurs lui parviennent, reconnaissables parmi toutes. Les yeux fermés, elle saurait rattacher à chaque pièce de vêtement l’odeur qui lui correspond.  Ainsi, jour après jour, matin et soir, rien ne change véritablement : Hivette lave son linge sale. Puis une matinée, qui semble en apparence comme les autres, se présente en une tenue presque identique: des petits paquets foisonnants qui saturent la salle de lavage. Hivette trie les pièces jusqu’à ce qu’elle constate que la pile de chiffons est moins grosse qu’auparavant. Elle débarrasse tout de même les vêtements de leurs minuscules saletés. Elle racommode quelques habits. Or, elle a conscience que la veste de Jean à disparue. Hivette soulève alors frénétiquement les hamas de linge qui lui renvoient son parfum, à elle. Lorsqu’elle se dirige vers l’énorme machine, elle ne distingue pas le sonorité régulière d’une chemise qui aurait grand besoin d’assouplissant. Il n’y a que le vromissement incessant de la machine qui se remplit d’eau.

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L’attente ne tue pas

Dans cette gare routière, il y avait un homme sans visage, ce cheminot assis à regarder les dalles. Un jour, un gamin, dont le passage quotidien à cette station de tramway le menait à croiser cet homme, freina son pas et s’arrêta net devant lui. Il le juchait un bon moment sans que l’homme ne daigne lever les yeux vers lui. Sans hésitation, naĩvement, le jeune garçon interpella cet inconnu et lui demanda :

— Monsieur, vous faites quoi vous?

L’homme demeurait silencieux. Le gamin se dit que cet homme était dur de la feuille ou peut-être même complètement sourd, alors il haussa le ton en lui demandant de nouveau :

— MONSIEUR! Vous attendez quelqu’un?

Chose étonnante pour le jeune garçon qui n’espérait plus aucune réponse, l’homme sans âge le fixa sans expression aucune et répondit :

— J’attends.

Tout simplement.

Perplexe, le petit gars regardait l’homme et partit dans la direction opposée, incapable de lui répondre.

—  Il est fou cet homme marmona-t-il en lançant des regards obliques à l’étranger qui demeurait immobile, assis sur son coin de trottoir. Lorsque le petit garçon fut très loin, l’homme leva les yeux sur la pendule qui était fixée sur le mur qui lui faisait face. Il lui restait encore plusieurs heures devant lui. Il attendra.

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Le désir est un plat qui se mange froid

andre-kertesz1Le désir est  »un plat qui se mange froid » ou  »le désir, c’est du réchauffé ».  À l’évidence, ces deux postures sont vulgaires mais elles contiennent un ingrédient essentiel : la faim ou l’appétit. Qu’est-ce que le désir d’abord? Ce cher Wiki nous révèlera rapidement la relation entre le désir et la métaphore gastronomique :

 »Le désir est une tension issue d’un sentiment de manque et en ce sens on ne désire que ce dont on manque. L’être tend vers un but considéré comme une source de satisfaction. Le désir est tantôt considéré positivement comme un moteur, tantôt considéré négativement comme une source de souffrance, une forme d’insatisfaction.

D’un point de vue psychologique, le désir est une tendance devenue consciente d’elle-même, qui s’accompagne de la représentation du but à atteindre et souvent d’une volonté de mettre en œuvre les moyens d’atteindre ce but. En tant que tendance, le désir est distingué du besoin ou de l’appétit qui désigne moins l’aspect psychologique que biologique, quoique ces termes puissent être synonymes. »

Soyons nuancés : Le véritable désir, qui cause un manque, se transforme nécessairement en besoin. Toute insatisfaction, instinctivement se mut en un besoin — de l’ordre du primal, de l’instinctif, une expérience individuelle, sans conscience aucune mais uniquement en absence de — contrairement à la tendance — qui Wiki l’a dit —  est de l’ordre de la conscience. Ma pensée, direz-vous, va à l’encontre de la théorie de l’évolution de Darwin ou encore mieux de  De Larmark —  selon laquelle les organismes transmettent à leurs descendants les caractères qu’ils acquièrent en interagissant avec leur milieu, ce qui augmente le degré de complexité et d’adaptation des espèces –,  je l’assume parfaitement. Les caractères acquis, les besoins les plus fondamentaux ne sont pas transmissibles. Les besoins les plus élémentaires ou physiologiques, les besoins secondaires ou matériels relèvent simplement de l’instinct, un ensemble de comportements innés. Lorsqu’il avait faim, le désir de se nourrir était bel et bien pour le chasseur préhistorique un besoin. Une survie. Alors il chassait. Comme le désir est parfois un peu complexe, il pouvait changer de forme : celui de manger du caribou se transmuait peut-être en une platé de chevreuil. Mais le désir du Caribou reste. Ce désir est insconscient et refait surface à un point tel que les jours suivants, le chasseur finira bien par assouvir son envie, son besoin intense de croquer dans une pièce de caribou. Le désir devient alors conscient au moment où on l’assouvit et encore là même, bon nombre d’années peuvent s’écouler avant que l’on prenne conscience de ce que l’on désirait réellement. Le désir est réalisé souvent après coup. Le désir est un plat  »qui se mange froid ».

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La bouche envahie par la fraîcheur des herbes

bg-box-blancheUn petit tour dans la cour des autres nous permet toujours de constater que l’herbe est indéniablement plus verte.

Le groupe Vertdure a apposé sur la pelouse cette enseigne sur lequel on bûche et qui vente les mérites d’un engrais super puissant : ATTENTION, NE PAS MARCHER SUR CE GAZON SI VOUS VIVEZ UN QUESTIONNEMENT EXISTEN-CIEL. ICI, LA TERRE N’ACCUEILLE QUE DES GENS QUI ONT ACHETÉ LE  »PACKAGE » ULTRA VERT : CARRIÈRE FLORISSSANTE, DEMEURE FERTILE OÙ POUSSE UNE RIMBAMBELLE D’ENFANTS. PLANTES VERTES EN SUS.

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Je me suis étendue sur cette herbe fraîche. De tout mon long. J’en suis venue à constater plusieurs choses. Outre que l’odeur du pesticide est grisant, il a répandu ses propriétés sur l’ensemble des cours du quartier. Dans cette rue, les demeures poussent comme de la mauvaise herbe, d’une germe identique et les mômes encadrent ce paysage tout droit sorti de l’Éden, pomme rouge à la main. La botanique ancestrale n’a plus sa raison d’être. Pas de tracas. Tout est vendu en  »kit ». La petite trousse du botanique comprend les instruments nécessaires à la germination : les racines de la plante — déjà adulte, c’est moins compliqué — , du soleil artificiel et bien sûr, avant même que le cycle saisonnier ne débute, nous voilà avec trois ou quatres pousses qui viennent d’éclorent. Les corps chimiques ne sont plus produits naturellement par la plante. L’engrais du groupe Vertdure est beaucoup plus efficace.

Puisqu’un tel paradis existe pour tout bon citoyen, je suis allé quérir la recette pour multiplier mon unique carré de  »tourbe » :

5 conseils pour une pelouse Vertdoyante

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1 : Augmentez la densité de votre gazon

Pour un gazon plus dense, utilisez de la semence contenant des endophythes et de la mycorhize. Effet garanti de 
jalousie progressive constaté dès les premiers jours chez vos voisins et leur petite famille :  »Comment ça se fait que son gazon est beau demême? »Ou bien :  »Papa?  »Dans la cour des Tremblay, le gazon goutte les chips All Dressed » mais encore  » Chéri? Tu m’achètes le Tide Eau Froide, ou ben c’est toi qui te tape le lavage des pantalons la prochaine fois! »

2 : Arrosez parcimonieusement

Un arrosage hebdomadaire d’environ 2 heures qui vous permettra de louper malencontreusement l’heure du souper en tête à tête, la vaiselle, le bain des petits mais non pas votre rituelle émission de Télé.

3 : Fertilisez régulièrement

 Assurez-vous d’utiliser des fertilisants qui contribuent à la valorisation de notre environnement : vos voisins sentiront à des mètres à la ronde LE Fertiliser X Dog, acheté très cher! Ils voudront EUX aussi éloigner les chiens du quartier qui viennent tous pisser sur leur pelouse.

4 : Procédez à une aération de sol 1 fois l’an

La majorité des végétaux ont une meilleure croissance dans un sol plus léger et libre de chaume. Une aération annuelle vous permettra de créer des conditions optimales pour la santé de votre gazon : Allez! Ouste la piscine des enfants, le set de patio de l’épouse et tout le branlebas qui coûte les yeux de la tête! La mode est au zen! Soyez dans la tendance. Vos voisins adopteront à coup sûr.

5 : Gardez votre gazon plus long

Une tonte hebdomadaire à une hauteur de coupe de 7 cm (3 pouces) protègera votre gazon contre les inconnus indésirables qui iront s’étendre dans votre cour, prenant votre pelouse pour le jardin des supplices

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La culpabilité est une science

La culpabilité possède sa formule, son théorème : celui du singe savant.  Placez un singe devant une machine à écrire et au hasard des mots, il écrira probablement toutes les oeuvres qui nourissent la Bibliotèque Nationale de France.  La formule de Borel, loin d’être équivoque, s’inscrit dans les phénomènes fondamentaux qui sont mis en place pour expliquer le chaos :

P_n = \left(1-\left(\frac{1}{50}\right)^6\right)^n

Dans la même lignée que Borges, qui s’est amusé à reconstruire ce thème de l’aléatoire afin de mener l’infinitude à la construction d’un état précis — assez médiocre puisque les livres emcombrant la bibliothèque de Borges n’ont aucun sens! — , j’avance que la théorie du singe savant convient parfaitement à illustrer le Théorème de la culpabilité.

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À la base, par « événements indépendants » (ici, les touches sélectionnées successivement par le singe, qui sont censées être choisies « indépendamment » les unes des autres, seront remplacées par les éléments  » Big Mac »,  »Croustilles sans gras  ni sel ajouté » et  »salade du jardin »). Entendons que ces éléments sont dits indépendants si la probabilité pour que tous trois de se faire engloutir est égale au produit des probabilités pour que chacun soit bel et bien mangé. Par exemple, si la probabilité pour qu’il pleuve à Québec — ce qui est fort probable — un jour particulier est de 0,3 et la probabilité pour qu’il y ait une crise économique un jour particulier — qui est très proche puisqu’on en parle tant!– est de 0,8, alors la probabilité pour que tous ces petits snacks soient dévorés le même jour — en un même repas — est égale à 0,3 × 0,8 = 0,24.

 

Supposons maintenant que la personne qui succombe à la tentation ait un gros appétit et qu’elle préfère comme entrée en matière un appéritif dans le genre de la « banane ». Puisque cette personne est un goinffre, il est très probable — une chance sur 50 — qu’elle choisisse avant toute chose un savoureux  »Big Mac »  tout comme il y a une chance sur 50 qu’elle opte plutôt pour des chips plus santé et ainsi de suite. Ces événements sont indépendants, et ainsi il y a une chance sur 506 que tout y passe.

Chose certaine et terriblement probable : cette personne se sentira coupable et elle descendra les escaliers à pas de course afin de se défaire de tous ces chiffres qui montent en flèche sur la balance!

Je vous explique maintenant la théorie du complot? Elles sont intiment liées vous savez…

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Le vrai monde

Il n’y a que les ouvriers qui sachent le prix du temps ;

ils se le font toujours payer

 [Voltaire]

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La Mandoline travait fort. La Mandoline bûchait dur. La Mandoline possédait en elle une force : toute la sueur humaine du milieu ouvrier réunie en son centre — au coeur de notre Mandoline. Les efforts de la Mandoline n’étaient jamais dirigés que vers un unique projet : les autres. Les muscles endoloris mais ô combien vaillants de la Mandoline étaient une matière non négligable puisqu’ils rapportaient. Les profits engendrés par ce corps vigoureux et inépuisable montaient à un rythme effréné tandis que notre Mandoline, elle, périssait. Ho! Elle était encore capable de beaucoup de choses notre Mandoline, mais elle-même, constatait jour après jour, que le miroir n’affichait plus la même vigueur qu’il lui avait été donnée autrefois d’observer. Ses enfants la trouvaient belle la Mandoline, même que sa fille, en vieillissant, se trouvait enchantée de se voir attribuer cette énergie mandolinienne. Les patrons aussi suivaient le rythme de notre Mandoline : ses bras rapides et puissants étaient encore aptes à  la tâche, elle soulevait un peu moins de boîtes qu’auparavant certes, son dos, avec l’âge, lui faisait bien quelques fois défaut MAIS… La Mandoline ne se laissait pas abattre. Elle suait à plus grosses gouttes pour générer des résultats étonnants. La Mandoline outrepassait de loin la nonchalance ambiante des jeunes filles qui travaillaient avec elle, MAIS, dans le milieu ouvrier du XXIe siècle, la machine humaine est dépassée. Le corps est indéniablement périssable. Cette enveloppe de chair doit avoir les mêmes caractéristiques que la  MTX2, cette engin qui dépasse de loin notre groupe de pauvres ouvriers réunis. Le milieu prolétaire en est conscient. Nous voyons alors poindre ces petites coquettes, à l’air affable, le regard vide, mais assez plein tout de même pour délaisser la casquette de l’ouvrier afin de se disputer la place avec la machine, béret à la tête. Leur mécanisme est tout autre : un pois de parfum bon marché bien placé dans le cou, une touche de mesquinerie doublement affichée et le tour est joué. Notre Mandoline, qui ne connaît que la force de sa chair et encore là, pour l’investir à mauvais escient — pour réparer la machine — se trouve doublée. La Mandoline s’épuise. Voilà maintenant le quart d’une énergie vitale, le travail de toute une vie, déjoués habilement par la coquette et la machine. 

 

Lorsque Marx s’écriait à qui le mieux mieux  »Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!  », Marx connaissait probablement la coquette et la machine, mais il n’avait assurément jamais mis les pieds dans le monde de la Mandoline.

 

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