Il y avait ce médecin futé que l’on nomme ”le charlatan”. Il répétait à qui souhaitait l’entendre :
”Oyé Oyé! Messieurs, Dames!”
Il sommait à tous : ”Approchez! Approchez!
Chacun pouvant ainsi constater le miraculeux effet de son Élixir de longue vie. De la Chine à l’Europe, de la dynastie Qin à l’énigmatique Nicolas Flamel, la grande quête du sirop longue durée, de la noble alchimie ou de la pierre philosophale a fait son effet. Cet or potable, véritable poison du roman noir des deux Hoffmann – c’est-à-dire de Ernst Theodor Wilhelm Hoffmann et de son chat — a réssucité le Don Juan de Balzac et ne parvient toujours pas à soigner mon unique quinte de toux. Allons bon, que je sermonnerais jusqu’à ce bougre de Sganarelle nouveau siècle en lui réclamant du sirop à la banane, je craindrais trop qu’il ne me présage rien qui vaille, ce genre d’augure qui nourrit la crainte du toubib : « [...]c’est toujours la faute de celui qui meurt. Enfin le bon de cette profession est qu’il y a parmi les morts une honnêteté, une discrétion la plus grande du monde ; et jamais on n’en voit se plaindre du médecin qui l’a tué. » (Sganarelle, acte III, scène I)
