2009/09/25
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La solitude possède son propre repère, sa petite cabane. Dans le sousbassement résidentiel du quartier de la Mortagne, »La vie des autres » était le véritable carrefour qui faisait se croiser plusieurs vies de solitaires. Par intérim, les solitaires émiettaient leur isolement. Ils répendaient autour d’eux des fragments de paroles plus insensées les unes que les autres. Dans le quartier de la Mortagne, les esseulés avaient même leur surnoms jadis. Les échornifleuses étaient perchées haut à la fenêtre. Sous-type de la langue sale, la curieuse se contentait d’observer et de compléter les blancs que la mémère laissait à propos, pour ne pas parraître trop ragoteuse.
Dans le quartier de la Mortagne, la voisine du 183 aime les hommes murs et les milkshake aux fraises. Son goût prononcé pour le fruit pétri fait d’elle, nécessairement, une véritable croqueuse d’hommes. Irène Landry n’est pas la seule à voir le lien. Simone et Nicole racontent avoir entrevue l’agicheuse se complaire à ses deux vices — savourer un milkshake en compagnie d’un vieillard.
Son adjacent, le 185 aimait au contraire la saveur persistante de la peau de lait. Père de famille accompli, toujours entouré d’une arène de petits garçons, il se portait facilement volontaire pour les jeux »d’hommes ». Carole Tondiac l’a dit, c’est un fait.
Le langage du corps en a réveillé des histoires, dans le bout de la côte de la Mortagne. La Brigitte, qui faisait de l’embonpoint, avait perdu 25 livres en moins de deux mois. Le livreur de lait en était le premier étonné. Elle ne buvait plus que de l’eau.
Et Rudolph le maniaque, qui ne faisait que reluquer la bonne Brigitte, de soudain s’épencher vers la fille du 212 qui offrait la coupe à 5, à domicile.
Nous vivions donc dans un monde de pervers, ne pouvait s’empêcher de geindre la Germaine tout en reluquant les reins du laitier, qui sortait de chez la Brigitte. Tous des malades avec une vie de fous…mais qui au moins, auront la décence de nous fait sortir de chez nous!
2009/08/05
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Mais, que voyons-nous là sur le podium? L’Artiste qui s’avance tête haute sans un regard pour la populace. C’est que le bouillon de culture ne se mélange pas au potage maison. La dentelle ne cotoît pas le chiffon. Les mots savants, pédants, créatifs s’emploient à sonder un réalisme abstrait, pauvre en figures mais d’un imaginaire sans cesse renouvelé n’est-ce pas? Pourtant, l’Artiste, le prolétaire par choix, l’anticapitaliste par conviction, le souverainiste selon la tradition ne fait rien d’autre que de suivre un pauvre troupeau de moutons. L’Artiste se croit savant mais ignore tout de la vraie vie. L’Artiste questionne l’existence dites-vous?
Il y a fort longtemps que ce n’est plus à la mode.
2009/06/30
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Devenir autre. Se fondre à soi. Se nourrir à autrui et surtout, naître hors de nous. Se perdre dans le meilleur des mondes : celui d’un personnage immanent. Je connais cette fille. Elle joue la Marylin nouveau genre. Un imaginaire french cancan réinventé. Un point mine sa figure. Elle est la proie et non le félin. Elle est fragile et se veut veule. Elle joue la comédie d’époque et elle traverse les âges. Son discours ludique se fond au sadisme, une satire en mouvement qui se voudrait d’un romantisme? Il n’y a rien de classique ici et je me voudrais moraliste? Qui suis-je pour juger de l’art comique. Il n’y a rien à rire ici.

2009/04/27
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Le discours sur la femme n’en finit plus d’être. La féministe agaillardie autant que l’amoureux pholosophe et le fou élèveront la figure féminine sur un nuage édulcolore. Goethe se plaisait à dire que »l’éternel féminin » nous attire vers le haut.
Parole de femme : le cas de l’éternel féminin ne m’aura jamais semblé autant sur le point de sombrer, non point d’éclore mais de s’écrouler tel un vénérable château de cartes.
2009/04/19
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À l’occasion, j’aime bien me rappeller que mon antique quartier frôle l’architecture européenne et que ses immeubles me chantent la Bruxelles de Brel. L’impériale avenue où je vagabonde me mène, des matins durant, à humer les miches de pain fraîchement cuites du vieux Boulanger qui raconte à qui aime bien l’entendre que Céline Dion raffole de ses baguettes aux olives. Je me plis alors une longue baguette sous le bras, croyant naĩvement les propos du vieux bouc, qui trouve bien étrange cette fille qui va, lorgnant les immeubles l’air sortie des nues. Plus loin, toujours ma mie à l’aisselle, je gravitte les marches de cet épicier asiatique, qui aime bien raconter, à qui veut bien le comprendre, que ses rouleaux impériaux — à la saveur impérieuse de l’impérial cochon — peuvent s’acheter à la dizaine puisqu’ils se réchauffent. Je quitte avec dans chaque paume, une dizaine de ces délices frits, des champignons séchés, du poisson, des nouilles tordues dans tous les sens, vermicelles et compagnie pour me concocter des merveilles de l’Okinawa. Au seuil de mon appartement, une main sur le front, je laisse sur le sol, et mie et poisson de Shan gai : j’ai oublié la « paint » de lait au dépanneur au coin de la septième.